La révolution covidienne

              La pandémie du COVID 19 a mis sur le devant la scène l’impression 3D et la communauté des makers. Ces derniers font de leur passion un outil prodigieux au service du Bien commun. Leurs circuits de fabrication échappent aux circuits classiques, résultent d’une entraide et d’un fonctionnement en réseaux. Ce sont des fabrications répondant à un besoin spécifique et sont produites à des quantités réduites mais multipliables dans l’espace et le temps. Vous avez là tous les ingrédients d’une révolution économique.

 

 

           Le but n’est pas de faire un profit mais de répondre à une nécessité. Nous voyons que nous ne sommes pas dans un schéma capitaliste classique. Nous ne sommes pas dans la notion de consommation qui crée le besoin, mais dans une organisation qui répond à un besoin vital.  Ce mode de fonctionnement reste fragile et instable, tout comme un organisme vivant, mais qui peut aussi se reconstituer. Une imprimante vient de tomber en panne, une autre prend sa place ou le besoin est confié à d’autres. Une source de matière première vient à disparaître, une nouvelle dans le réseau sera recherchée. Le besoin tend à se tarir, il est satisfait, la demande baisse, un nouveau besoin apparaît, le réseau s’adapte. C’est une organisation qui n’est pas pyramidale, mais neuronale. L’information circule librement dans tout le réseau, l’intelligence est collective, et l’action est réalisée au plus près du besoin selon les capacités du lieu. Si toutes les fonctions ne sont pas réalisables en un lieu donné, des circuits de logistique spécifiques devront être trouvés.

          Si nous poussons l’analogie plus loin. Quel est le risque de dysfonctionnement ? Des aigrefins tendent à récupérer à leur profit ce réseau solidaire, tout comme un parasite, un virus, il sera identifié, soigné, traité, écarté afin de ne pas se propager. Vous avez là tous les éléments que recherchent des personnes estimant que le système économique n’est plus adapté, qu’il est nécessaire de retrouver du sens à nos actions.

          Chaque personne est unique, et peut participer ou bénéficier de ce réseau, tout comme un être vivant qui a besoin de toues ces cellules pour fonctionner. Certains seront fournisseurs de matière première, d’autres participeront de la compréhension du besoin, puis de la conception du produit, d’autres de sa réalisation, de son transport, de l’organisation du réseau, certains bénéficieront du résultat. Nous voyons bien que l’essentiel n’est pas uniquement dans l’organisation, certes originale, mais dans le sens que nous voulons donner à nos actes. Tout comme un organisme vivant, pour quelles fonctions il a été créé ? Nous voyons bien que cette démarche répond à un besoin inscrit en chacun de nous et notre réponse nous engage totalement, pleinement.

Alain Raynaud

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