LA CROISSANCE

Le Saint Graal, l’élixir de vie, la pierre philosophale, le remède à tous les maux, le protocole Raoult : la croissance !
Les chrétiens diraient, en faisant un très mauvais jeu de mot, que seule la Croix a du sens.

Pendant quelques semaines, il y avait dans l’air comme une prise de conscience, dans le style “Plus jamais cela, n’oublions pas !”.
Nous revenons à nos vieux démons, consommer, plans de relance, prêts, dettes. Un exemple parmi d’autres, les voitures électriques. Là aussi nous avons trouvé la réponse à tout. Cependant, l’un des composants des batteries, les terres rares, viennent essentiellement de…. Chine.
Si j’étais cynique, je dirai comme les masques.

Bien sûr qu’il faudrait de la relance, que les ménages puissent avoir du pouvoir d’achat. Mais acheter quoi, le prochain téléphone portable Huawei avec la 5G à la clé, un voyage autour du monde pour pouvoir prendre l’avion puis des photos à instagrammer ?  Pour pouvoir dire j’y étais ! Nous sommes très heureux de voir les photos de nos amis présentant ces endroits merveilleux que l’on voit sur tous les sites internet. Cependant il ne pourra pas nous faire partager cette rencontre improbable avec un chauffeur de triporteur pakistanais me menaçant de mort avec un couteau parce que je n’avais pas voulu payer le prix de la course au prix demandé. Et le lendemain m’attendant  avec un grand rire et un magnifique sourire devant la porte de mon hôtel pour m’accompagner dans toute la ville. Il ne pourra pas non plus évoquer ce barrage africain où un gamin de 12 ans armé d’une kalachnikov me souriait tristement.  Et tant d’autres encore.  L’essentiel n’est pas dans le lieu mais dans la relation humaine, la rencontre avec l’autre et cela vous pouvez le faire dans votre quartier, dans votre ville.

Alors quelles solutions me direz-vous ?
Tout comme moi je pense, vous n’êtes pas économiste, ni politicien, ni expert. Mes solutions seront donc les vôtres, celles de bon sens.


Nous voulons manger mieux, mais l’agriculture biologique, la permaculture, et toutes ces solutions demandent des bras et de l’intelligence. Nous ne manquons ni de l’un, ni de l’autre. Par ailleurs plus vous développerez cette filière, plus le coût en sera diminué. Nous parviendrons ainsi à atteindre notre autonomie alimentaire. Cette façon de produire limite les transports, l’usage des pesticides, et diminue la pollution.


L’économie financière. Des bénéfices énormes sont obtenus uniquement sur la spéculation et ne produit rien, si ce n’est trop souvent des chômeurs. Taxons la de manière dissuasive pour que les bénéfices reviennent servir l’économie réelle.

Nous voulons conserver nos petits commerces du centre ville, car ils sont gage d’un certain art de vivre, et le reflet de la vitalité d’une ville ou d’un village. Facilitons leur la vie autant que faire se peut. Créons par exemple des monnaies locales, aidons les à développer leur propre e-commerce, abaissons les charges au maximum, facilitons les transports urbains propres et pratiques, développons les voies douces.

Les secteurs de la santé, de l’aide à la personne, de l’éducation sont des secteurs essentiels sous-payés, et où la marchandisation est venue affaiblir la qualité des prestations. Le système de santé doit être repensé intégralement, mais de grâce pas à partir de Bercy ou du ministère de la santé. Ce sont des nids de technocrates. Écoutons plutôt les gens du terrain, ceux qui sont confrontés au quotidien à de l’humain. Je suis certains qu’ils ont des solutions à proposer.

L’enseignement. Nous avons avons des professeurs de qualité, une obligation à l’éducation et le résultat est “a des possibilités, ne sait pas les exploiter,  peut mieux faire”. Commençons donc par apprendre à nos enfants à lire écrire compter, ils deviendront ensuite des citoyens avisés, des consommateurs intelligents, des personnes intégrées dans notre société et la faisant avancer. Ensuite ne négligeons ni les artistes, ni les artisans, que cela ne soit pas une filière par défaut, ou un hobby mais un véritable métier pourvoyeur de revenus. Pour les artistes revoyons un peu la manière dont sont attribuées prébendes et subventions. Copinage entre millionnaires et amis artistes pour des questions de défiscalisation, et accroissement de la côte de l’artiste. Nous sommes loin du mécénat de nos cours royales, où l’on recherchait le Beau pour se mettre en valeur. Les subventions aux théâtres qui ne sont pas loin de ressembler à ce que les anciens ont connu  : pas de carte du parti, pas de boulot. Alors ce n’est plus un parti mais des lobbies dans l’air du temps.

Voici quelques pistes d’un citoyen lambda qui aimerait que le bon sens revienne à la mode, et prenne le pas sur l’Administration et son cortège de pesantes dérives.

Alain Raynaud

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